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Yo ho !

  • : Barbe Noire au Pérou
  • mikou-vagabond
  • : Mon nom est Adrien mais on m'appelle souvent Mikou ou Barbe Noire. Je suis en école d'ingénieurs à l'ICAM Toulouse. A la fin de l'année scolaire, on nous propose de passer 4 mois à l'étranger, loin de notre famille. J'ai créé ce blog afin de présenter mon séjour au Pérou et en Bolivie.

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Image au hasard

  • sopa.jpg
Lundi 1 septembre 2008
Whaaaaoooooooooooooouuuuu !!!! J'en ai pris plein les yeux pendant 4 jours.

Je suis vraiment content d'avoir pu faire ce tour, d'autant qu'avec les blocages, c'était pas gagné. Mais voilà, c'est fait. Mine de rien, ça fait déjà quelques mois que je m'imaginais ce moment du voyage, mais les paysages sont simplement dingues et tout a dépassé de loin mes espérances.

Evidemment, sans photo, ça n'a aucun sens de tout vous raconter donc je complèterai l'article plus tard.

Trajet Sucre-Uyuni avec Javier et les lamas. Panne et feu de camp.

1er jour : Le cimetière des trains, le salar, les cactus de la isla del pescador, la nuit à San Juan.

2e jour : Un autre salar, les petites lagunes, les flaments, la laguna colorada et le casino.

3e jour : Les geysers, les sources chaudes, la laguna verde, la frontière chilienne et le retour avec Mario.


Je suis actuellement à la Paz sur un ordi pas terrible. On est dimanche 31, il est 19h40. L'avion décolle après-demain à 5h du matin. J'écrirai donc mes prochains (et derniers articles) depuis la France, après avoir mangé une moitié de camembert d'un seul coup. :D
Par Mikou - Publié dans : Bolivie
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Lundi 1 septembre 2008

Moi qui pensais finalement rester seulement un ou deux jours de plus à Sucre, j'en suis parti seulement mercredi dernier, juste à temps pour pouvoir aller à Uyuni.

J'aurais eu le temps de dessiner un peu et de visiter pas mal de choses avec l'agréable compagnie de Delphine et Alexis. Ils ont passé un peu de temps en Argentine et racontent tout leur périple sur un site que j'ai mis dans les liens. Allez voir. Au passage, j'suis désolé, mais j'ai pas pu leur dire au revoir correctement.

En même temps, voilà l'erreur, planifier en Bolivie ! C'est comme si tu demandais à un Chinois de manger sans des baguettes. Je voulais passer 2 jours à Potosi pour voir les mines, descendre jusqu'à Uyuni pour visiter la région puis revenir tranquillement à la Paz. Mais avec les blocages, j'avais envisagé les pires des scénarios.

1. Impossible de sortir de la ville. Tu rates purement et simplement ton avion pour revenir en France.
Probabilité -> 5%

2. T'es obligé de prendre un vol intérieur jusqu'à La Paz (risque de crash) pour pouvoir attraper l'avion qui te ramène en France. Grosse frustration puisque tu n'as pas vu Uyuni qui était un peu la raison de ta venue ici.
Probabilité -> 41%

3. La situation se débloque avant jeudi 28 (optimiste) et tu peux aller visiter le Salar d'Uyuni puis revenir à La Paz dans les temps pour revenir à la maison.
Probabilité -> 19%

4. Tu te procures de la dynamite et une arme blanche. Tu voles une moto et tu fais péter les barrages sur la route pour pouvoir circuler en toute tranquillité.
Probabilité -> 34%

5. Je fais la connaissance d'un pilote d'hélicoptère super sympa.
Probabilité -> 0,5%


Quelques photos du séjour...

   
Un aperçu de l'hotel où j'étais... et des rencontres qu'on peut y faire dans la cuisine.


Mon nouveau passe-temps.



Inspiré par AWP (www.ucdlp.com)




Dédicace à mon binôme.

Par Mikou - Publié dans : Bolivie
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Mercredi 20 août 2008
Après Cochabamba, me voici à Sucre, capitale de la Bolivie. En fait, c'est un peu la prise de tête pour savoir si c'est La Paz ou Sucre la vraie capitale. Ce que j'ai compris, c'est que Sucre est la capitale historique où a été déclarée l'indépendance, mais que depuis, toutes les institutions ont déplacé leurs sièges à la Paz qui est ainsi devenue la capitale de fait.


La préfecture de Sucre arbore fièrement les couleurs nationales.
Comme sur les pièces de monnaie, on peut lire la devise du pays : L'Union fait la Force.


Je suis arrivé dimanche matin vers 6 heures du matin. Le terminal était vide lorsqu'il avait été plein à la même heure la veille à Cochabamba. Pas un chat et ça fait plaisir. L'auberge que j'ai repéré est à 2 pas et je la trouve immédiatement. Soulagement, il y a de la place en dortoir et encore mieux, le dortoir est vide. J'ai une petite chambre à moi qui donne sur la terrasse. Je savoure le petit plaisir de prendre une douche chaude et d'avoir une literie.

Bien sûr, le dimanche, tous les musées et une majorité des commerces sont fermés mais c'est justement l'idéal pour se ballader puisqu'il n'y a pas trop de monde dans la rue, ni trop de voitures, ni trop de bruit. Comme d'hab, les rues sont carrées, on se repère facilement. La ville est surnommée, comme Arequipa, la ciudad blanca. Et effectivement, elle a un air de ressemblance. Des bâtiments coloniaux, un centre-ville agréable à dimension humaine, beaucoup d'étudiants. Je prévois de visiter le musée universitaire le lundi.

C'était évidemment sans compter que j'allais être malade comme un chien le lendemain matin. La décision la plus sage sera de rester au lit. Je visiterai le musée l'après-midi. C'était sans compter sur la rencontre impromptue avec 2 étudiants en médecine sur la place d'armes. Après avoir fait connaissance, Paolo et José me proposent d'aller boire une bière dans un boui-boui. Une bière qui se transformera après quelques coups de dés en une jarre de cocktail genre pisco sour (des bulles et du citron). Et bien sûr, comme j'ai pas mangé ce matin puisque j'étais malade, ça devient rapidement dangereux. Je prends donc congé de mes compagnons alors qu'ils sont en plein débat sur la construction des pyramides d'Egypte. Leur état est assez pathétique puisqu'ils sont beaucoup moins de chanceux que moi aux dés et qu'ils sont mauvais aux jeux à boire. Ils m'auront bien fait rire en tout cas. Ah...et oui ! Du coup, je reporte la visite du musée au mardi.

Autant le dimanche c'était calme, autant le lundi s'était bien mouvementé. Comme un vraie ville quoi ! Du coup, je suis peu étonné de ne voir personne dans la rue le mardi. Je m'aperçois que des camions, des motos et parfois des gros blocs de pierre bloquent l'accès aux rues. L'explication est simple : une grève. La Bolivie est connue pour ses nombreuses grèves et n'a rien à envier à notre douce France et à sa compagnie de chemin de fer. Par exemple, hier, c'était grève "civique". Oui monsieur, c'est carrément tout le pays qui se met en grève, il y a pas de raison qu'on soit pas solidaire. Evidemment, le musée est fermé, j'irai le visiter mercredi matin, avant de prendre mon bus pour Potosí, prochaine étape du voyage.

Je me réveille motivé. Je vais acheter mon billet de bus avant d'aller au musée. Enfin, les portes de la connaissance sont ouvertes devant moi, je vais pouvoir me cultiver. Génial ! Le musée est divisé en 3 parties : coloniale, anthropologique et archéologique. Je traduis.
- Partie coloniale = Plein de salles avec des peintures religieuses de la vierge Marie, Jésus, la Trinité, des Saints en veux-tu en voilà. Heureusement, j'aime bien certaines toiles.
- Partie anthropologique = Vitrines avec des costumes traditionnels, des crânes et des momies. Les masques de diables sont excellents. Je retrouve ensuite les techniques de déformation des crânes pour différencier les niveaux sociaux des individus. Quelques trépanations avec les outils rudimentaires qui vont avec. Les chirurgiens étaient très forts, d'autant que d'après les symptomes décrits, ils visaient apparemment la bonne partie du cerveau. Les momies sont toujours impressionantes.
- Partie archéologique = Etagères avec des poteries, outils et tout ce que les savants ont déterré du sol de la région. La céramique j'trouve toujours ça assez ennuyeux. Il y avait juste une jarre acoustique. Elle fait du bruit quand on la remplit pendant les cérémonies. Les armes sont beaucoup plus intéressantes. Les tiwanakus, prédécesseurs des Incas avaient des bracelets/boucliers et des genres de gourdins frondes qui, aux vues des formes des parties métalliques, devaient faire très mal.
On finit la visite en passant devant le bureau du directeur très sympa et en assistant à des reconstitutions de visages en platre, à partir des cranes examinés. Ils étaient assez moches. La visite aura pas duré très longtemps en fin de compte.


Une des façades qui entourent la place principale, 25 de mayo.

Il est bientôt l'heure de prendre le bus. Je prépare mes affaires et avant de quitter l'auberge, je regarde un peu les infos. Ils parlent de blocages de route dans tout le pays. Ah. Il y aussi un avion qui s'est écrasé ou a pris feu à l'aéroport de Madrid. 100 morts. Je fais escale à Madrid en revenant. C'est qui est assez étrange dans les infos, c'est que la présentatrice t'annonce ces titres avec un fond musical genre "le Seigneur des Anneaux" et que de la même manière, les reportage deviennent encore plus épiques ou dramatiques.

A la gare routière, on m'annonce que le bus part pas à cause des blocages. En même temps, avec ce que je viens de voir à la télé, ça m'étonne pas. Ils plaisantent pas avec les blocages ici. Quand ils bloquent ils y mettent les moyens et il y a plus rien qui passe. Ils te mettent des poids-lourds en travers de la route ; des camion-bennes déchargent des containers sur la voie ; les tractopelles déposent des grosses pièces en métal au milieu des pistes ; etc...


L'université en grève elle aussi...

J'espère pouvoir partir demain, j'aimerais pas faire l'impasse sur une partie de mon programme. Heureusement que je suis bloqué dans une ville sympa.
Par Mikou - Publié dans : Bolivie
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Mercredi 20 août 2008
¡ Hola !
Bon. Ci dessous, quelques notifications utiles ou pas.

Les articles précédents sont à jour. Youpi ! Avec quelques photos pour ceux qui aiment pas lire. Yeaaah !!
Le style d'écriture est toujours aussi lourd mais je n'ai pas les moyens d'engager un scénariste et puis il n'y a plus que 2 semaines à le supporter.

Une majorité des photos est un peu plus visible (mais de qualité toujours réduite) sur les albums, accessibles dans la colonne de gauche.

Juste au dessus, dans la colonne de gauche, il y a plein de liens si vous voulez voyager un peu plus par prescription.

Les commentaires sont toujours les bienvenus. (Comment ça ?! On peut faire des commentaires en bas de chaque article ?)

Le concours du bonnet péruvien est toujours ouvert ici.
Allez, me faîtes pas croire que vous voulez pas être ridicule en le portant. J'arborerai fièrement le mien sur la place du Capitole en rentrant. S'il vous plaît, me laissez pas avec tous ces bonnets péruviens sur les bras !

En parlant de bonnets. Je vais me sentir obligé de faire payer une taxe à tous ceux qui m'ont réclamé le leur. :D

Pour ceux qui ont pas envie de vérifier s'il y a un nouvel article tous les jours, il est possible de s'inscrire à la newsletter (en bas de la colonne de gauche). C'est plus très utile maintenant, m'enfin.

Enfin, il est possible d'envoyer des dons à cette adresse, afin de m'aider financièrement pour la fin de mon voyage. (Evidemment, je dois toujours un DVD à une personne qui peut donc s'abstenir - je ne parle pas de toi Sarita).

Mme GARDIN
"Pour la survie de son fils à l'autre bout du monde"
454 route de Rieumes
31600 SAINT-CLAR-DE-RIVIERE
FRANCE

__________________________________________________________________________________________

" Hey Mikou ? Est-ce que t'as fait des dessins ? "

Mouha ha ha ha ha ! Ben en fait, pas tellement. Je pensais en faire plus mais j'ai trouvé une activité bien plus désagréable pour les oreilles des autres. J'aurai une petite surprise à mon retour pour Thom G. actuellement en train d'escalader une montagne au Japon.

Voici quelques miquets réalisés il y a plus d'un mois...




Un dessin pour M. Le Chien

















   
Attention, spoil UCDLP !






Un équipage de pirates au brouillon. Aaaarrr !

















Une Marianne un peu pin-up esquissée pour le 14 juillet.
Depuis, les gamins croient que mon amnoureuse s'appelle Marianne, alors que tout le monde sait très bien que c'est un certain Youssouf qui se doit se marier avec, depuis une certaine interro de maths.
Par Mikou
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Dimanche 17 août 2008

Je suis de nouveau en Bolivie depuis maintenant 3 jours. Le passage à la frontiere s'est fait en douceur, comme prevu, mais cette fois j'allais jusqu'a La Paz. Accompagné par des Francais rencontre sur le Titicaca, dont Antoine dont j'ai mis le blog dans les liens. Allez jeter un coup d'oeil, c'est vraiment sympa (antoinevoyage.canalblog.com). On a pu assister à la traversée d'un bout du lac par le bus qui flottait sur un genre de barque. Puis nous avons parcouru 112km en plus de 3h30. Eux ils sont restés sur la capitale, moi j'y reviens dans tous les cas pour reprendre l'avion, donc pas besoin de m'éterniser, je vais direct à la gare routiere. C'est là que les ennuis commencent.


Les bus


Ma destination est Cochabamba, 3e ville de Bolivie. Je descends du taxi, je met le porte-monnaie dans ma poche apres avoir paye le chauffeur. Je rentre dans le terminal de bus. Rempli de monde, un brouhaha fatiguant, en plus faut que je me trimballe le gros sac et tout. Le temps de trouver une compagnie qui me plait et de demander un ticket, je m'apercois que mon fric a disparu. D'accord, il y a un petit malin qui se ballade dans le coin. Il aurait pas pu attendre que je paie ? 10€ qui ont disparus à tout casser mais ça me met de mauvaise humeur, j'ai rien senti. Le passeport et la carte bleue sont en lieu sûr mais c'était dans un petit porte-monnaie que les gérantes de l'auberge de Lima m'avaient offert pendant mes premiers jours au Perou.
Je retire du fric au distributeur. Fric que je planque avec la plus grande precaution. J'en garde une partie pour payer le bus dans le porte-feuille que je mets cette fois dans une poche qui craint moins. J'attendrai le bus, vigilant sur un banc du terminal pendant 2 heures.

Le départ du bus est prevu à 22h et on est censé se pointer 30min plus tôt. Le terminal est plutot bien foutu, le problème c'est qu'il y a trop de trafic. Si bien que la compagnie a 45 minutes de retard sur tous ses bus et que le mien part pas du quai d'origine. C'est le grand bordel mais on trouve finalement le bus avec d'autres boliviens. Un employé me balance le sac dans la soute et me donne un ticket que je mets au même endroit que le lard-feuille. Il me dit en déconnant qu'il veut un pourboire. C'est pas drôle l'ami ! J'ai à peine le temps de grimper dans le véhicule qu'il demarre plein pot. Dommage pour ceux qui sont pas dedans. Je m'installe enfin dans mon fauteuil et c'est là que commence le grand bal des bus...

Tout s'enchaîne en l'espace de même pas 5 minutes. Un bonhomme commence à se ramener avec une flûte pendant qu'une bonne femme nous distribue des petits prospectus. Lui, il nous dit qu'il va nous interpréter un petit air et commence à jouer le morceau de quena le plus horrible que j'ai entendu depuis que je suis ici. La femme refait un passage pour récolter des sous, en fait, le petit papier nous explique qu'elle est sourde-muette. J'la crois à moitié puisqu'on dirait que ses tympans ne se déchirent pas au moment où le musicien autoproclamé lâche son instrument pour chanter le 1er couplet. Je promets que même toi, Papa, tu chantes pas aussi faux. Ça me fait penser qu'ils sont de mèche. La femme descend du bus et cède sa place à un aveugle pendant le refrain à la flûte. Il parcourt le bus avec sa canne en tendant sa main entre chaque siège. J'ai pas poussé le vice jusqu'à vérifier la cécité du vieil homme. Pendant que l'aveugle entame le chemin du retour côté rangée de droite, sur fond sonore de 2e couplet, la traditionnelle vendeuse de thé et de mate fait irruption dans le véhicule. C'est le bazar dans le couloir central. Entre les gens qui s'installent encore, en mettant leurs bagages en hauteur, et ceux qui essaient de se faire du fric, on s'y retrouve plus. L'ahuri entame un nouveau refrain à la flûte, le dernier j'espère... pitié. On assiste tout de même à un phénomène très interressant entre ces gens. Alors que l'autre nous casse les oreilles sans que personne ne se plaigne, c'est l'aveugle qui indique à la vendeuse où sont les gens qui veulent une boisson. Magnifique instant de solidarité. A l'arrêt suivant, ils descendront tous du bus laissant place au calme de la route cabossée. Je peux enfin dormir.


En vérité, j'ai jamais aussi mal dormi dans un bus. Moitié dans le gaz, le cou dans un sale état, on arrive au terminal de Cochabamba. C'est encore une fois la folie. Trop de bus, pas de quai. On s'arrête en plein milieu de la voie du terminal, au milieu des autres cars. Il faut que j'aille chercher mon sac dans la soute. Tout le monde est attroupé devant le gars qui décharge, un vrai vestiaire de nuit ICAM. Mon tour arrive, je lui explique que je veux le gros sac à dos Quechua. J'suis le seul gringo parmi les passagers et c'est le même compère qui m'a mis le sac dans la soute la veille, mais il veut voir mon ticket. Pas de souci, je mets la main dans la poche, je lui sors le bout de papier et je prends mon sac. Je passe en mode escargot et je commence à marcher vers le hall du terminal. C'est là que je m'aperçois qu'il manque un truc dans ma poche. J'ai à peine le temps de me retourner qu'un petit vieux vient vers moi avec mon porte-feuille. "Fais gaffe, garde-le bien près de toi, etc... sinon tu vas te le faire piquer." Putain ! Ça va être de ma faute si on me dépouille maintenant ! J'dois quand même admirer la dextérité du voleur. Au moment où je sortais le ticket de ma poche il m'a pris le porte-feuille, en a retiré seulement les bolivianos et les dollars puis grand prince, l'a laissé avec le reste du contenu intact (c'est-à-dire ma carte de groupe sanguin, un penny et un sol péruvien) rien que pour me narguer. Il se sera même pas écoulé 25 secondes avant que je le récupère. J'espère au moins qu'il en a vraiment besoin des ces 4€.


 
Cochabamba

OK ! La prochaine fois faudra m'éventrer pour avoir mon fric. Cela dit, j'ai qu'une envie, c'est de chopper un pick-pocket la main dans le sac (ou la poche) et de lui péter les doigts genre moyen-ageux, comme dirait l'autre. Je me trouve une place sur un banc où je peux lire le routard. Le terminal de Cochabamba, c'est autant l'agitation qu'à La Paz. C'est stressant. Mais alors le pire, c'est dehors. C'est plein de monde, de bruit, de pollution. Ça m'a rappelé Lima. Le bouquin nous indiquait plein d'adresses sympas, mais chères. Il nous disait aussi qu'on pouvait trouver plein de petites auberges pourries dans cette rue. Allons-y ! J'ai passé une heure et demi à marcher avec mon gros sac dans les rues sales des alentours sans trouver la moindre auberge de libre. Même pas dans les plus délabrées. Et pourtant il y en a. Des fois j'ai même pas besoin de demander qu'on me dit que c'est rempli. Qu'est-ce qu'il se passe ? En fait, dans la dernière auberge que je visite, la gérante me dit que c'est la fête de la Vierge. Evidemment, dans le routard, ils te le disent pas dans la présentation de la ville, mais dans les derniers éléments. Je demande à la vieille si je peux laisser mon sac ici. Elle me dit de le mettre dans un genre de salle à manger derrière.

Je vais donc visiter un peu la ville. On peut prendre le combi pour monter au "Calvario" voir les rituels mais j'ai la nette impression que c'est la même chose qu'à Copacabana, et puis j'suis pas motivé. J'vais plutôt me poser tranquillement sur la place principale. C'est là qu'une petite vieille vient me voir. Elle commence à me dire un truc que je comprends pas. Je lui réponds gentiment et elle vient s'assoir à côté de moi. Elle me dit qu'il faut faire ce qui est bien, la parole de Dieu, moi je suis jeune tout ça. Pas de problème mamie, je t'écoute attentivement. J'aime bien discuter avec les petits vieux qui ont leur opinion sur tout, d'autant plus si ça parle religieux. Sincèrement, c'est toujours intéressant.
Parce qu'il y aura un paradis pour ceux qui se comportent bien. Jésus s'est sacrifié pour l'humanité. Elle m'explique qu'elle n'aime pas les fêtes de la Vierge puisque ça ressemble plus l'adoration d'une idole qu'à de l'amour et de la dévotion pour Dieu. Pourquoi il y a le soleil, et l'air, hein ? Dieu nous le donne. Elle continue en me parlant de la Bible. "Moi je me ballade jamais sans ma Bible, tout est écrit dedans." Soudain je me dis : Comment je l'ai pas vu arriver plus tôt ? Elle me sort le livre de son sac à main et me montre un passage de Saint Jean je crois. J'ai pas du le trouver éloquent  puisque je m'en souviens pas. Elle me raconte qu'une fois on lui a confisqué à la frontière argentine. Puis elle me dit que je devrais vraiment la lire, la Bible. C'est clair, je lui réponds. (J'ai bien envie de la lire en plus, c'est vrai) Et là, confirmation, elle me sort l'Atalaya - la revue des Témoins de Jehovah. "Je répands la bonne parole comme c'est dit dans la Bible". Je l'ai gardé, ça me fera de la lecture dans le prochain bus de jour.
Ils sont sympas quand même les Témoins de Jehovah. Un peu flippants quand tu les connais pas, mais ils sont pas méchants au premier contact. Et puis, c'est quand même bien international. C'est une jolie organisation. J'aimerais bien rencontrer un scientologue un de ces jours pour comparer.



Plaza mayor de Cochabamba

Conclusion de cette petite journée : Cochabamba me donne pas une bonne impresison, faut vraiment que je me barre d'ici. Je vais prendre un ticket pour le premier bus à destination de Sucre en espérant que ce sera plus tranquille. Tant pis pour la statue géante de Jésus (33m de haut) sur la colline voisine. Je sais pas où dormir de toute façon. Avant de partir, j'vais chercher mon sac à l'auberge annonçant "no hay piesa". La petite vieille veut 2 pesos pour avoir gardé mon bagage. " Normalement on fait payer 3 " qu'elle me dit. T'as raison ! T'as même pas vu que j'étais allé chercher mon sac et si j'm'étais pas arrêté pour te remercier tu m'aurais pas revu de toute ta vie. Tiens 50 centimes, pas de chance pour toi j'ai pas de monnaie, et vu que personne dans ce pays ne peut de faire du change sur plus de 3 euros ben tu vas t'en contenter, d'accord ?

Encore quelques minutes d'attentes au terminal avant de prendre le bus. Je dormirai mieux une prochaine fois.
Par Mikou - Publié dans : Bolivie
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Vendredi 15 août 2008
...ou le Lac Titicaca côté péruvien

Salut à tous !

Me revoilà au Pérou. Vu que j'ai bien aimé le Lac en Bolivie, je me suis dit que ce serait dommage de pas voir les iles flottantes en paille des Uros du côté péruvien, alors que je suis tout près.

A Copacabana, j'ai donc pris le bus pour revenir à Puno, ville portuaire d'où on peut visiter toutes les îles péruviennes. Sur le conseil de 2 Françaises rencontrées à Cusco, je suis donc allé dans une très bonne auberge, la meilleure de mon voyage je crois. Tout le confort nécessaire avec une bonne ambiance et un proprio super sympa. Ils organisent des tours sur les îles et vu que c'était pas trop cher et que je veux avoir du temps pour la Bolvie, j'en ai profité.

Le programme : Départ le lendemain matin, visite des îles flottantes en paille, direction l'île d'Amantani où on prendra le déjeuner et le dîner avec une famille de l'île chez qui on dormira aussi ; le surlendemain p'tit dej sur place et direction l'île de Taquile où on mangera le déjeuner (du poisson surement), puis retour sur le continent.

Le lendemain matin à 7h30, un minibus vient me chercher à l'auberge. Je me retrouve vite au port avec d'autres touristes récupérés au passage puis on monte dans notre embarcation. Ce navire sera mené de main de maître par José et Rubben pendant tout notre périple. On est parti !


Les Uros

Au début de la traversée, on fait la connaissance de notre guide, que nous appellerons "le guide" parce que ma mémoire me fait défaut. Il se trouve dans l'obligation de parler anglais puisque la majorité des passagers ne comprennent pas bien. On est environ 25, il y a une bonne moitié de Français, 4 Italiens, 2 Australiens et un couple d'Américains. L'Américaine ressemble exactement à Manon quand elle met des lunettes de soleil. Vraiment perturbant. Elle a juste l'air plus boudeuse. Le guide nous explique dans son style si particulier et avec un accent qui ferait rêver Maju quelques généralités sur la lac. "My frrriends, forrr exampeule..." Titicaca (prononcez Titikhakha) veut dire Puma Gris, en aymara je crois. Et en effet, quand Le guide retourne la carte... on voit rien ! Il faut se concentrer un peu pour voir un gros chat qui attrape un lapin. 60% du lac appartient au Pérou et 40% à la Bolivie en fait.



Le bateau circule entre les roseaux


On arrive aux îles flottantes, dans la baie de Puno. En fait, elles ne sont pas exactement en paille, elles sont constituées de totora, un genre de roseau qui pousse dans le lac sur des profondeurs allant jusqu'à 3m. Il y a plusieurs îles qui ont chacune un nom. Elles accueillent tous les jours des touristes et on le sent bien. On descend du bateau et on est accueilli par 3 bonnes femmes en robes oranges et roses fluo. Nos pieds s'enfoncent un peu dans le sol, la sensation est marrante.



Les habitantes de l'ile


LE guide avec l'assistance de Freddy, un habitant de l'île, et d'une petite maquette, nous explique comment est fabriquée l'île. Les roseaux qui constituent le sol sont posés dans toutes les directions sur des blocs de terre flottant eux aussi. Ce sont sur ces blocs que poussent les roseaux. Une fois le sol constitué, on installe des maisons elles aussi en totora mais bien sèche cette fois. Il y a aussi une concha (cuisine au feu de bois), un bassin pour les poissons, et surprise... un panneau solaire ! Les habitants de ces îles minuscules s'organisent en famille ou bien vevent entre amis, et vivent surtout de la pêche. On nous explique qu'ils vont faire régulièrement du troc sur le continent et que les enfants y partent faire leurs études avant de revenir, pour la plupart, vivre sur l'île. Je me demande s'ils vivent tous sur leurs îles. J'en doute fort.


    


Un gros problème qu'ils ont quand même ici, c'est le feu. Un chandelle pas bien surveillée et c'est le drame. De la mème manière, pour faire la cuisine, ils ont fait en sorte de mettre des pierres sur el sol de la cuisine. On finira cette visite de moins d'une heure (mais c'est suffisant) par une petite ballade en barque de totora. Une genre de catamaran à rames, en roseau sec, avec des allures viking. Avant ils les fabriquaient avec des cordes faîtes aussi à base de roseau mais maintenant ils utilisent du synthétique, beaucoup plus solide et fiable.



Non. Ce n'est pas un drakar.


La Isla Amantani

Après un autre trajet en bateau à moteur, on arrive à Amantani. José et Rubben font bien rire tout le monde en se trompant de port une fois puis en s'y reprenant à 2 fois pour rentrer dans le bon, en cognant un peu le quai au passage. Des femmes en tenues traditionnelles nous accueillent et amarrent le bateau. Une jupe longue plissée et un chale noir. Tout le groupe se dirige sur la place principale. Il y a plein d'autres groupes de touristes qui sont arrivés en même temps que nous. On est ensuite réparti dans plusieurs familles par groupes de 2 ou 3. Je me retrouve chez la vieille Josefina où je fais la connaissance d'Antoine, un Lyonnais judoka qui fait le tour du monde. On mange notre déjeuner à 15h30. Une soupe de quinoa et des patates pour changer. C'est bon mais c'est léger.



L'accueil des femmes au port


En fin d'après-midi, le groupe se réunit et on assiste à une danse traditionnelle sur la place. C'est la feria artisanale ces jours-ci donc il y a plein de stand autour de la place ou on vend des bonnets péruviens. Ils sont vachement bien mais j'en ai acheté assez. On se dirige ensuite vers les hauteurs de l'île par un joli sentier pavé, mais alors qui grimpe sec. Le guide nous fait un petit speech. Les gens sur l'île sont encore en autonomie évidemment, "for example" ils vivent de l'agriculture. En haut de l'île, il y a 2 temples. Un pour le Pachapapa et l'autre pour la Pachamama. On se dirige tous vers le premier pour assister au coucher du soleil. Il paraît aussi que si on fait le tour du temple 3 fois dans le sens contraire des aiguilles d'une montre (trigo), on se charge d'énergie et qu'on a plus mal aux jambes après la montée. Allons-y, ça coûte rien ! Tous les groupes de touristes sont réunis au même endroit que nous pour prendre les photos. Les couleurs du ciel qui s'assombrit sont encore une fois sublimes, on ne s'en lasse pas.



La banda de la place principale


Coucher de soleil au temple


On rejoint le fils de notre hôte, Silver, afin de prendre le dîner. Soupe, riz et patates pour changer. C'est encore pas suffisant pour nous remplir l'estomac. On va dans la piaule jusqu'à ce que Silver vienne nous chercher pour aller à la fiesta. Il est armé d'un poncho et d'un bonnet pour chacun. Il n'en faut pas plus pour me convaincre. On restera danser jusqu'à 23h avec les autres touristes aussi déguisés et les femmes qui nous accueillent, au rythme d'un groupe local. Guitarre, charango, tambour, quena et flûte de pan. Comme d'habitude, la danse est pas compliquée donc tout le monde peut participer sans crainte.





Départ le lendemain matin après un petit déjeuner frugal. J'achète quand même 2 bananes. José et son premier matelot nous sortent du port sans aucun souci. On a été mauvaise langue avec les autres Français sur le pont.


La Isla Taquile

Après une petite traversée et un amarrage irréprochable, nous voici sur l'autre île, soi-disant plus touristique. Pour être honnête, les 2 îles ont la réputation d'être peu visitées mais en étant ainsi dans un groupe, j'ai juste eu l-impression contraire. J'ai préféré visiter la Isla del Sol tout seul meme si c'était tres sympa cette fois aussi. De toute manière, les îles se ressemblent beaucoup entre elles.

On monte encore jusqu'à la plaza mayor. Le chemin est encore ponctué, comme sur Amantani de sortes de petites arches en pierres. On profite un peu du point de vue avant de se diriger vers un petit restaurant. On y mangera évidemment de la truite. Le guide nous explique quelques règles vestimentaires de l'île. Les hommes célibataires ont un bonnet blanc et rouge alors que les hommes mariés un bleu et rouge. Les femmes quant à elles sont reconnaissables grâce à leurs châles. Les mariées s'en recouvrent la tête et les célibataires le portent sur les épaules, mais quand il fait soleil ou froid, il faut regarder les pompoms à leurs extrémités. Gros pompoms -> célibataire ; petits pompoms -> mariée.


     


On doit se dépêcher de revenir sur le continent parce que les Italiens ont un bus. (?!) Faut pas prendre un tour si t'es pas sûr d'avoir ton bus derrière. Ou bien tu prends un bus plus tard et tu fais pas chier tout le monde, j'sais pas. Je suis presque certain qu'ils l'ont pas choppé en plus. Bien fait pour eux. Moi, ça m'a pas empêché de profiter de la lenteur du trajet du retour. J'aurai pas l'occasion de reprendre un bateau avant longtemps je pense.
Par Mikou - Publié dans : Pérou
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